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Tayeb Ouardas - El Watan 2020

El Watan

Un constat alarmant a été dressé lors d’une conférence au CRASC : «Le problème des déchets dangereux est loin d’être réglé»

(Photo page facebook du Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle - CRASC )

Djamel Benachour                                                      16 février 2020

TayebOuardas2020.jpg«Ce que nous avons ce sont des brûleurs et non pas des incinérateurs». Cette déclaration du Pr Tayeb Ouardas, enseignant-chercheur algérien à l’université de Grenoble (France) invité par le CRASC à Oran pour donner une conférence mercredi sur la gestion des déchets dangereux, a soulevé un début

de polémique parmi certains participants à la rencontre.

Pour lui, certaines vérités doivent être dites et le cas des déchets des hôpitaux n’est pas encore réglé. On parle plutôt d’usines d’incinération qui exigent des investissements importants qui sont, selon lui, de l’ordre de 200 millions de dollars. «Pour incinérer convenablement, il faut des températures avoisinant ou dépassant les 1000 degrés, mais ce n’est pas le cas et donc les déchets ne sont pas entièrement traités», soutient-il face à ceux qui pensent que, grâce à certains investissements venus après la loi interdisant l’incinération des déchets dans les hôpitaux, ce problème allait être définitivement enterré.

N’empêche, si en théorie on peut avoir un contrôle strict sur les déchets du secteur de la santé car les structures sont bien identifiées et encadrées, ce n’est pas le cas pour les autres filières des domaines de industrie, de l’agriculture, etc. et dont les déchets, y compris ménagers se retrouvent dans la nature. Les dangers sont multiples et certains insoupçonnés.

Le professeur Ouardas a évoqué le problème de l’amiante qui a été utilisé pendant longtemps dans le bâtiment et dont les risques avérés sur la santé n’apparaissent que des années après l’exposition.

Ce produit se retrouve encore dans les déchets issus de la construction (démolitions, etc.), des déchets qui peuvent être réutilisés, mais à condition d’enlever l’amiante. «Attention ! Ce genre d’opérations doivent être effectuées par des professionnels», prévient le spécialiste qui met lui aussi en avant la nécessité non pas seulement de dépolluer mais aussi de recycler.

Parmi les dangers insoupçonnés sur l’environnement, il évoque la pollution thermique. En effet, le rejet direct des eaux utilisées pour le refroidissement des équipements fonctionnant avec des températures élevées (les complexes sidérurgiques par exemple) perturbent les milieux dans lesquels ces eaux pourtant non polluées sont déversées.

Si c’est en mer, les poissons peuvent en mourir. «Votre environnement peut vous tuer !», prévient-il en pensant à la toxicité qui peut être engendrée par les déchets y compris lorsqu’ils sont incinérés à l’air libre dans les décharges publiques ou même dans les déchèteries non contrôlées.

L’Algérie génère 34 millions de tonnes de déchets par an dont 13 millions de tonnes de déchets ménagers avec un taux de recyclage qui ne dépasse pas les 7%. «Le déchet algérien est très humide avec un taux de plus de 60% (contre 33% pour la France et la Suisse et seulement 23% pour les USA) ce qui le rend en théorie non incinérable en l’état car cela exige un temps plus long et des dépenses d’énergie plus importantes», explique le conférencier qui suggère une réduction à 40% par un procédé d’essorage déjà expérimenté en Italie.

Pour ce qui est du recyclage et de la récupération, il estime que certains déchets représentent une mine d’or au sens figuré comme au sens propre à l’exemple des appareils électroniques qui contiennent un taux de métal précieux non négligeable à grande échelle mais aussi d’autres produits comme les terres rares (dans les téléphones mobiles notamment).

Le chiffre (5 milliards) lié à la production du sachet en plastique en Algérie a étonné plus d’un mais le professeur Ouardas insiste et c’est pour montrer l’importance de ce fléau incluant les bouteilles en plastique qui pollue l’environnement y compris visuellement.

Il conseille le retour à des emballages non jetables et à l’usage du verre car ce dernier matériau qui se recycle également ne présente aucun danger pour la santé alors que la bouteille ou même le verre en plastique génère des microparticules nocives. Même constat pour les ustensiles de cuisine en aluminium qui restent à éviter car, assure-t-il, ce matériau, une fois qu’il s’est détaché à cause des frottements avec la cuillère, est aussi nocif quand il est ingéré.

Djamel Benachour


Creation date : 18/02/2020 23:30
Category : - Articles
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