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Belgacem Haba, scientifique algérien aux USA 
«Pourquoi je ne reviens pas en Algérie» 


Avec 160 brevets d’invention dans le domaine de l’électronique et de la microélectronique, Belgacem Haba, responsable à Tessera, société américaine spécialisée dans les technologies, est considéré comme une autorité dans son domaine. 



Par Ahmed Gasmia 
Esprit Bavard

Quelles sont les raisons à l’origine de votre départ d’Algérie ? Quelle était la situation à l’époque ? 
J’ai quitté l’Algérie durant les années 1980 pour obtenir un PHD dans le domaine de l’énergie solaire aux Etats-Unis. En fait, j’étais parti simplement pour terminer mes études et revenir au pays. Après avoir obtenu mon PHD ainsi qu’un magister dans le domaine de la physique, je suis revenu en Algérie pour enseigner à l’université de Biskra. Quelques années plus tard, j’ai dû quitter l’Algérie mais cette fois en raison de l’insécurité qui a gagné le pays. Je suis parti au Japon pour travailler à NEC dans la branche des applications du laser dans le domaine de la microélectronique.

Avez-vous une idée de la situation actuelle du pays ? Est-ce que vous gardez le contact avec l’Algérie ? 
La situation est loin d’être la même que lorsque j’ai quitté l’Algérie. Fort heureusement, les choses ont beaucoup changé. A l’époque où j’ai quitté le pays, la principale motivation de ceux qui avaient décidé de partir à l’étranger était la peur. Actuellement, la situation sécuritaire s’est beaucoup améliorée. Ceux qui quittent le pays depuis quelques années le font pour d’autres raisons.
En dépit des distances et des années passées à l’étranger, je garde un contact permanent avec l’Algérie et je pense que c’est aujourd’hui le cas de la plupart des Algériens résidant à l’étranger. Le développement de la technologie, notamment en ce qui concerne les moyens de communication, permet d’être encore plus proche de sa famille et de ses amis vivant en Algérie. Personnellement, je communique quotidiennement avec mes proches et il m’arrive aussi d’animer des conférences en visioconférences. J’ai par ailleurs eu la chance de visiter l’Algérie trois fois durant les douze derniers mois. 

Beaucoup de cadres et de chercheurs algériens sont revenus en Algérie avec la volonté de s’y installer définitivement mais n'ont pas tardé à quitter le pays une nouvelle fois. Comment expliquez-vous ce phénomène?
Je peux vous dire que tous les Algériens vivant à l’étranger rêvent de revenir en Algérie, cependant nous ne disposons pas de suffisamment d’informations au sujet de la situation économique actuelle du pays. Dans le domaine économique justement, ceux qui veulent investir en Algérie se heurtent à une réalité qu’ils ne comprennent pas. Le fait que les procédures relatives à l’investissement en Algérie ne soient pas claires, du moins pour nous, complique davantage les choses. Beaucoup de gens se sentent frustrés. D’un autre côté, le fait d’avoir fondé des familles à l’étranger met les Algériens dans une situation très peu confortable, la transition n’étant pas facile à effectuer. 
La situation n’est pas, non plus, encourageante pour les chercheurs et les scientifiques. Je pense que l’Algérie est entrée dans une phase que j’appellerai « phase de vente et d’achat ». Cette phase est peut-être nécessaire au développement de l’économie du pays. Elle est aussi utile pour ceux qui se sont spécialisés dans le domaine du commerce et de l’importation, mais je ne pense pas que ce soit une période propice pour les chercheurs. Il s’agit, en fait, d’une situation qui décourage les scientifiques algériens résidant à l’étranger de revenir en Algérie. Ces derniers ont besoin d’un environnement légal garantissant, entre autres, la protection des travaux qu’ils ont réalisés où qu’ils sont susceptibles de réaliser. Les scientifiques ont également besoin de savoir que leurs travaux peuvent faire l’objet d’investissements sérieux. Il est à craindre aussi que ces conditions soient réellement réunies pendant un temps et que les règles du jeu changent en cours de route. Nous avons besoin en fait que des conditions durables et sûres soient mises en place.
Pour résumer : ceux qui viennent s’installer en Algérie puis changent d’avis découvrent en fait que l’environnement économique et légal n’est pas propice à l’investissement ou à la création. 

Comment est perçue l'Algérie par les cadres algériens que vous connaissez aux Etats-Unis et ailleurs ?
Notre problème actuellement est le manque d’informations précises et actualisées au sujet de l’Algérie, notamment en ce qui concerne la réglementation régissant l’investissement. Il n’existe à présent aucun organisme susceptible de nous pourvoir en informations de façon régulière au sujet de la situation du pays, même l’ambassade algérienne aux Etats-Unis ne joue pas ce rôle. Je ne suis pas là pour blâmer le gouvernement algérien. En revanche, je crois penser que le secteur privé a un certain potentiel mais n’a toutefois pas la vigueur qui devrait être la sienne. En fait, nous sommes tous à blâmer car nous péchons par notre manque de communication. Sans communication, on ne peut espérer voir des compétences algériennes revenir aux pays.

Quelle politique faut-il adopter, à votre avis, pour donner la possibilité à ces Algériens de faire profiter leur pays de leurs connaissances ?
Il s’agit, en premier lieu, d’identifier les compétences algériennes vivant à l’étranger et leurs domaines d’activité et d’essayer d’établir un dialogue sérieux avec elles. Il est important, ensuite, d’informer ces Algériens de l’apport qu’ils peuvent représenter pour l’Algérie suivant leurs secteurs d’activité et leurs spécialités. Comme je l’ai déjà mentionné, il faut aussi clarifier les choses en ce qui concerne la législation et le secteur financier. Ces aspects sont peut être clairs pour certains Algériens mais je peux vous affirmer que la moyenne des Algériens résidant à l’étranger n’arrivent toujours pas à les assimiler. 
Les Algériens établis à l’étranger peuvent également aider l’Algérie à distance, à travers, entre autres, des interventions en visioconférences ou des visites à des universités algériennes durant des périodes plus ou moins limitées. Ce genre d’expérience a déjà été effectué dans certains pays et à porté ses fruits. L’implication du secteur privé à côté des associations et autres organisations non gouvernementales est aussi très importante. Si ces conditions sont réunies, je crois que les scientifiques algériens vivant à l’étranger n’hésiteront pas à s’impliquer de façon effective dans le développement du pays.

Vous avez mis en place un site répertoriant plusieurs centaines d'Algériens vivant à l'étranger. Parlez-nous-en.
http://www.algerianinventors.org est un site dédié aux inventeurs algériens quel que soit leur pays de résidence. Le site a été lancé en novembre 2007 par un petit groupe d’Algériens résidant en Californie. Ces derniers ne sont affiliés à aucun organisme ou association. Ils ont pensé qu’un tel site pourrait être utile à la communauté algérienne vivant à travers le monde en mettant en évidence la contribution d’un grand nombre d’inventeurs algériens qui restent pourtant totalement inconnus. 
Le site répertorie plus de 350 inventeurs pour un total de plus 1 600 brevets soit une moyenne de 5 brevets par personne. Le taux d’inventeurs de sexe féminin est de 12 %. Le site est mis en ligne en trois langues. Il s’agit de l’arabe, le français et l’anglais. Le site donne également des informations relatives à la protection des inventions et donne la possibilité aux adhérents d’entrer en contact, sans parler d’un blog ouvert aux visiteurs du site.
En quelques mois, le site a eu plus de 12 500 visites de plus de 50 pays et 517 villes. Nous avons également été contactés par des inventeurs et différentes associations désirant collaborer avec nous, sous une forme ou une autre.

Il y a quelque temps, l'association des compétences algériennes (ACA) a été créée par des Algériens vivant à l'étranger et d’autres résidant en Algérie. Quel rôle peut jouer cette association concrètement pour assurer un transfert de technologie vers l'Algérie ?
Je pense que cette association peut jouer un rôle important en faisant d’intermédiaire entre les compétences vivant à l’étranger et leur pays d’origine. Cette association peut faciliter le transfert de technologies vers l’Algérie en donnant la possibilité aux Algériens de l’étranger d’avoir de meilleures informations sur leur pays et peut également leur préparer le terrain pour s’impliquer dans le développement du pays. Je pense que l’association doit, dans un premier temps, assurer un rôle académique en faisant circuler des informations utiles. Ce n’est qu’après une certaine période que le véritable transfert de technologies pourra être opéré.

http://forum.actudz.com/topic14134.html


Creation date : 04/02/2016 23:47
Category : - Revue de Presse
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